Le FBI a arrêté Zyaire Wilkins, étudiant de 21 ans en Floride, mardi. Les procureurs l’accusent d’avoir publié sur Steam plusieurs jeux vidéo truffés de malwares entre 2024 et 2026, qui ont infecté environ 8 000 victimes et vidé près d’une centaine de portefeuilles cryptos, pour un préjudice estimé à 192 000 euros.

Jusqu’à tout récemment, Zyaire Wilkins vivait et poursuivait ses études en Floride. Mais le FBI l’a interpellé le 14 juillet
et le lendemain, les procureurs fédéraux l’ont inculpé, avec plusieurs complices non identifiés, pour piratage informatique. Depuis 2024, le groupe aurait publié une série de faux jeux infectés par un logiciel malveillant sur Steam. La plainte cite notamment BlockBlasters, Dashverse, Lampy, Lunara et PirateFi. Comme on vous en parlait déjà sur Clubic, Une fois installés, ces programmes volaient les mots de passe des joueurs et vidaient leurs portefeuilles de cryptomonnaies. Le FBI estime que 8 000 personnes ont été victimes et quatre-vingts portefeuilles piratés, pour un butin d’au moins 192 000 euros.
Le groupe a publié huit jeux piégés en deux ans
Selon le formulaire de recherche de victimes ouvert par le bureau de Seattle du FBI, huit titres au total circulaient entre mai 2024 et janvier 2026 : BlockBlasters, Chemia, Dashverse, DashFPS, Lampy, Lunara, PirateFi et Tokenova. Chaque jeu imitait une production légitime, jouable une fois installée, mais chargée en arrière-plan d’un logiciel espion. Les suspects diffusaient leurs liens de téléchargement sur Discord, LinkedIn et Telegram.
Valve, l’éditeur de Steam, avait déjà retiré plusieurs de ces jeux après des signalements, dont PirateFi en février 2025. De nouveaux titres réapparaissaient pourtant sous d’autres noms et échappaient donc un temps aux filtres de la plateforme.
Une fois le mot de passe du compte Steam capturé, le programme fouillait aussi les extensions de portefeuilles cryptos installées dans le navigateur, où il récupérait les clés d’accès stockées localement. Le groupe transférait alors les fonds vers ses propres adresses.

Les enquêteurs ont retracé le butin via des cartes-cadeaux Uber
Le FBI avait ouvert l’enquête en février, en appelant les joueurs concernés à témoigner. Après avoir identifié un premier complice, les agents l’ont interrogé. Ce dernier a expliqué avoir aidé à financer et à promouvoir les jeux en échange d’une part des cryptomonnaies volées, d’après la plainte déposée par les procureurs. Les enquêteurs ont ensuite repéré un compte crypto lié au groupe, avant de tracer les paiements effectués depuis ce compte vers plusieurs cartes-cadeaux, dont des cartes UberEats.
En exploitant une citation à comparaître adressée à Uber, les enquêteurs ont relié ces cartes à un compte de livraison, dont les commandes arrivaient chez Zyaire Wilkins, connu en ligne sous le pseudonyme Sibel.eth.
Munis d’un mandat, les agents ont perquisitionné son domicile et saisi son ordinateur portable, ses téléphones et ses portefeuilles numériques. Il n’a répondu à aucune question, selon la plainte. Son avocat n'a pas donné suite à une demande de commentaire.
Comme au début de l’affaire, le FBI recommande aux victimes potentielles qui ont téléchargé l’un des huit jeux cités de lui transmettre leur témoignage via son formulaire dédié, ou signaler une perte financière auprès du centre de plaintes IC3.